Chacun en convient, indépendamment des préférences et/ou des convictions des uns et des autres, la vie politique française en ce début d’année est délétère. Il n’est pas interdit de penser que, quel que soit le résultat des urnes au printemps prochain, le Président élu rencontrera de réelles difficultés à mettre en œuvre un programme de réformes ambitieuses et vigoureuses. La méfiance des électeurs à l’égard des responsables politiques nationaux est aujourd’hui telle qu’elle ne peut que rejaillir sur l’État.

Chaque jour qui passe, semaine après semaine, mois après mois, celui-ci perd un peu plus de son crédit.

Cette situation est par ailleurs renforcée par un endettement tel qu’il limite de plus en plus drastiquement la capacité d’intervention de l’État et ses marges de manœuvre.
Cela alors même que les citoyens sont demandeurs de davantage de protection, de sécurité, ce qui n’est pas du tout illégitime dans un monde marqué par une forte présence des actes terroristes.

Dès lors, serait-ce la fin d’une action publique en phase avec les aspirations des citoyens ? certes, nous n’en sommes pas là !

Mais il est désormais très probable que l’action publique va connaître de nouvelles transformations profondes, auprès desquelles les différentes séquences de décentralisation vont apparaître comme bien modestes, voire timorées.

Depuis le début des années 1980, les collectivités territoriales ont pris une place croissante dans la définition et la mise en œuvre des politiques publiques ; elles interviennent désormais dans quasiment tous les domaines de la vie quotidienne. Il n’est plus guère que la santé qui reste du ressort de l’État, ce qui n’empêche pas les collectivités de s’impliquer de plus en plus fortement dans l’accès aux soins (via les maisons de santé notamment).

Dès lors, et compte-tenu d’une part du désengagement de l’État (les différentes séquences de décentralisation peuvent d’ailleurs s’interpréter en partie comme une forme de désengagement au profit des collectivités)  et d’autre part de la réforme territoriale dont la loi NOTRe constitue l’avatar le plus récent, laquelle réforme territoriale n’a de cesse de transférer aux collectivités des compétences élargies, il semble tout à fait raisonnable de poser l’hypothèse que les collectivités sont appelées à jouer un rôle croissant dans tout ce qui touche au quotidien des citoyens : aménagement des territoires, formation initiale et continue, politiques jeunesse, culturelles, …..

Or, quel est l’échelon le plus proche des citoyens, celui qu’ils connaissent le mieux ? celui dont les responsables politiques bénéficient encore d’une image fortement positive et d‘une crédibilité forte ? C’est la commune. Et le Maire !

Il est pour le moins paradoxal que c’est précisément la commune qui fait actuellement l’objet de toutes les critiques au motif qu’il y en aurait beaucoup trop, en France, au regard de ce qui s’observe dans d’autres pays européens. Sans doute n’est-il pas inutile d’encourager la création de communes nouvelles dans certaines situations où celles-ci sont de tailles trop modestes pour être en mesure de conduire réellement des politiques publiques locales. Mais il n’en demeure pas moins que le Maire reste la personnalité politique de proximité, de référence, celle vers laquelle les populations les plus fragiles peuvent encore se retourner en cas de difficultés, celles à qui s’adresser. Un(e) président(e) d’EPCI est encore très loin de bénéficier du capital de notoriété, de sympathie et de confiance d’un(e) Maire.

Il convient donc de rester très prudent dans cette dynamique de réforme territoriale ; s’il est sans doute pertinent de renforcer les intercommunalités, échelon pertinent pour une action publique territoriale coordonnée, il serait très imprudent de vider les communes de leur substance, au profit d’EPCI technocratiques, certes en mesure de conduite des projets complexes et ambitieux, mais qui restent encore largement méconnus et éloignés des citoyens et de leurs quotidien ; surtout depuis le 1er janvier 2017, avec le passage au seuil de 15.000 habitants qui a conduit dans certains territoires ruraux à la création d’EPCI dit XXL qui ne seront pas de sitôt en mesure de répondre aux aspirations des populations. (à suivre)

 

 

 

 

Les communes, les Maires, véritables acteurs de la proximité

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