Offre de servicesAu cours de ces derniers mois, les Conseils Départementaux se sont engagés dans un processus de définition de leurs schémas départementaux d’accessibilité des services aux publics. Dans le même temps, de nombreuses collectivités territoriales se sont engagées dans la création de maisons de services aux publics. Ces deux démarches introduites par la loi NOTRe et plus largement l’ensemble des réflexions sur le maillage des territoires s’attachent aujourd’hui à répondre à une seule et même question : Quelle offre de services pour répondre aux besoins de la population ou pour renforcer l’attractivité des territoires ?

De premiers éléments de réponse peuvent être trouvés dans les travaux menés par l’INRA en 2005 sur la notion de « panier de biens et de services territorialisés ». La mondialisation de l’économie et les vagues de délocalisation avaient à l’époque encouragé les chercheurs à se pencher sur le système productif local et l’ensemble de ses externalités. Aujourd’hui, ce sont davantage les phénomènes de métropolisation et d’accroissement des intercommunalités qui nous amènent à nous poser ces questions.

Au-delà de ces travaux, notons également que de récents travaux réalisés notamment par Hervé Le Bras ont également souligné les effets des phénomènes de l’éloignement des services publics et de désertification rurale ou urbaine (banlieue) sur la physionomie du vote. Les territoires qui ne disposent plus d’une offre de services de proximité satisfaisante ont vu croitre les votes en faveur de l’extrême droite. Ces territoires se considèrent parfois comme des oubliés de la république (cf. également les travaux de C Guilluy).

Développer une approche globale et transversale des services à la population :

Davantage tournés vers la notion de développement économique et agricole que vers l’attractivité résidentielle à proprement dit, les travaux de l’INRA de Grenoble ont mis en évidence l’importance des externalités notamment publiques, dans le développement d’un territoire. Il est en effet aujourd’hui relativement complexe d’attirer ou de maintenir une entreprise sur son territoire si nous ne sommes pas en mesure de lui offrir des infrastructures performantes (réseaux internet, mobiles, routiers…) et des services à la population (petite-enfance ou de santé) pour répondre aux besoins des salariés et des cadres dirigeants.

Nous rajouterons également à cette notion forte, l’importance de « faire territoire », le développement de réseaux et de dynamique de type cluster impliquant à la fois les acteurs et les collectivités locales permettent en effet généralement de faire émerger des territoires attractifs et dynamiques. Nous ne reviendrons volontairement pas sur cette dynamique de réseaux, de nombreux articles ayant d’ores et déjà été publiés sur le blog de la réforme territoriale.

Au-delà de ces deux concepts très théoriques, il est à notre sens devenu primordial, dans une logique d’aménagement du territoire, de développer une approche transversale des politiques publiques. Plus largement, il s’agit à notre sens de penser et construire un panier type de services publics sur chacun des territoires.

Le terme « service public » est ici entendu au sens large et comprend à la fois des services relevant de la sphère publique (CAF, Pôle emploi, bureau de poste…) et des activités à caractère commercial (boulangerie, épicerie,…).

Nous tenterons de répondre dans un prochain article aux deux questions suivantes :

  • Quels services doivent intégrer ce panier type de services publics ?
  • Un maillage optimum ou un maillage raisonné du territoire ?

Quelle offre de services pour les territoires ?

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